Test – Fujifilm Fujinon XF 90mm f/2R

Test terrain Fujinon 90mm f/2 R LM WR

Mon premier boitier sérieux, en argentique, fut un Contax équipé d’un zoom Tamron 35-70mm f/2.8 accompagné d’un Zeiss Sonnar 135mm f/2.8. J’adorais ce Zeiss pour son piqué et son plaisir d’utilisation. Je l’ai toujours et je l’utilise de temps en temps avec une bague d’adaptation sur mon Fuji X-T1. Il a un rendu particulier au niveau du bokeh qui donne son petit effet dans certaines conditions. Mais, bien sûr, il ne tient plus la route sur un boitier moderne, il manque de piqué et le rendu des couleurs est mauvais. Cette focale me manquait et je savais que ce Fujinon 90mm f/2 (équiv. 137mm) rejoindrait un jour mon sac photo.
J’aime bien cette focale pour les portraits car il permet de garder une distance avec son modèle et il ne déforme pas les visages. Mais j’apprécie aussi ce type de téléobjectif pour les paysages ou pour photos de détails.

J’ai donc récemment craqué et j’ai complété ma configuration avec ce 90mm. Je peux maintenant me balader avec mon fidèle X-T1 accompagné des XF 14mm f/2.8, XF 23mm f/2, XF 35mm f/1.4 et aborder sans difficulté mes sujets photographiques de prédilection.

Je vous propose mon ressenti après quelques jours d’utilisation sur le terrain, en balades et en portraits. Pour les impatients, en résumé, c’est un chef d’œuvre optique.

Je n’entre pas dans les détails techniques, ce n’est pas un test scientifique mais simplement le ressenti personnel d’un utilisateur passionné. Les photos ont été prises avec mon Fuji X-T1, les fichiers enregistrés en RAF et convertis au format DNG à l’aide du logiciel Iridient X Transformer. Ces images sont ensuite traitées dans Lightroom selon mes gouts et mes habitudes. Le matériel testé m’appartient et je ne suis aucunement lié à Fujifilm.

 

 

Construction

Avec ses 540 gr cette optique n’est pas vraiment un poids plume mais n’est pas non plus une enclume que l’on rechigne à emporter bien au contraire. Fuji a poussé loin la qualité de la construction et tout est irréprochable.
Les matériaux sont luxueux et très agréables au toucher. La taille est parfaite pour mes grandes mains et il s’équilibre bien avec mon X-T1 (utilisé sans grip).

Ce 90mm est une version WR (weather resistant) et possède des joints qui le mettent à l’abri des intempéries. C’est parfait.

Le pare-soleil est un poil trop long à mon goût et la matière plastique n’est pas très jolie. C’est un détail mais l’ensemble est moins homogène. Ça sent le rognage à deux balles dans les coûts de production au détriment de l’esthétique générale. D’un autre côté, la longueur du pare-soleil offre une belle protection de la lentille frontale et m’évite l’acquisition d’un filtre de protection.

Côté filtre justement, le diamètre frontal est de 62mm. Encore un diamètre différent de mes autres optiques. Fuji ? Tu veux bien être un peu cohérent et standardiser un peu tout ça ? J’ai 4 optiques soit 4 tailles de filtres différentes du 43mm au 62mm.

La bague diaphragme est crantée par tiers de valeur entre f/2 et f/16. La dernière position « A » active l’automatisme. La résistance de la bague de diaphragme est parfaite, sans point dur mais suffisamment solide pour ne pas se dérégler au moindre effleurement.

La bague de mise au point est très large, fluide, agréable mais… je ne m’en sers pas.

Et à part ça ? RAS.

Pas de bouton pour désactiver l’AF, ceci est géré par le boitier.

Pas de bouton pour la stabilisation. Le 90mm f/2 n’est pas stabilisé. Je ne m’explique pas l’absence de stabilisation, j’imagine que c’est une volonté de limiter l’encombrement et/ou le poids. C’est certainement regrettable pour les vidéastes notamment qui doivent se tourner vers le 50-140mm f/2.8 ou le 55-200mm f/3.5-4.8 pour bénéficier d’un bon téléobjectif équipé de l’OIS. C’est regrettable mais pas réellement handicapant dans ma pratique photographique actuelle. L’ouverture maximum à f/2 couplée à une éventuelle petite montée en sensibilité permet d’atteindre facilement une vitesse d’obturation sécurisante.

 

Fuji X-T1 – 90mm – f/2 – 1/750s – ISO200

 

Mise au point

Ce Fujinon est équipé de la technologie LM pour Linear Motor. Les optiques Fuji comme le 18-55 ou le 55-200 sont équipées d’un double moteur LM le premier est utilisé pour la mise au point et le second pour la stabilisation. Ce Fujifilm 90mm f/2 intègre un Quad Linear Motor soit quatre moteurs tous dédiés à la mise au point.

Le résultat est clair, en trois mots : rapidité, silence et fiabilité.

C’est une optique moderne et performante. Quel plaisir d’utilisation! On oublie complètement l’AF, une petite pression sur le déclencheur et c’est net, immédiatement et sans pompage.

Tout ceci peut paraitre naturel pour une optique de cette gamme et de ce prix. Mais, venant d’un système reflex souffrant régulièrement de back ou de front focus, le simple fait d’obtenir des images nettes du premier coup est un réel bonheur.

La distance minimum de mise au point est de 60cm ce qui permet de se rapprocher du sujet et la réalisation de très gros plan en portrait. Il est possible d’ajouter les bagues MCEX-16 ou MCEX-11 afin d’utiliser ce 90mm en macro, les distances minimales de mise au point sont alors respectivement de 42cm et 45cm.

 

Fuji X-T1 – 90mm – f/2.2 – 1/220s – ISO200

 

Qualité d’image

Je ne suis pas le premier à tester le 90mm, loin de là. Vous avez certainement déjà lu tout l’internet à son sujet, je le sais, c’est ce que je fais aussi.

Les images sont tout simplement remarquables en termes de piqué, de contraste et de rendu des couleurs.

On s’habitue vite à pousser l’accentuation lors du traitement des images. La gestion de la netteté est un travail subtil et avoir le pied lourd dans ce domaine mène souvent à des résultats caricaturaux avec l’apparition d’une « trame » ou de halos disgracieux. Avec ce Fujifilm 90mm f/2, c’est simple, pas besoin de triturer l’accentuation :  dans Lightroom je ne suis pas encore monté au-dessus de +10 en gain, les images sont riches en détails croustillants.

Je n’ai pas constaté la présence de distorsion. C’est typique des téléobjectifs, plus faciles à corriger.

Les aberrations chromatiques sont absentes, à mon humble avis, parfaitement corrigées par le processeur du boitier.

Autre point remarquable, toutes les ouvertures sont pleinement utilisables. Certaines optiques nécessitent de fermer d’un diaphragme afin de profiter pleinement de la qualité optique. Pas de souci à se faire avec ce Fujinon 90mm, dès f/2 c’est excellent.

Le bokeh est crémeux dès f/2 sur le capteur APS-C du X-T1.
Il est possible de bien détacher le sujet du fond. La profondeur de champs n’est pas aussi courte qu’avec le Fuji 56mm f/1.2 mais le 90mm offre l’avantage d’être un téléobjectif court permettant de mieux aplatir les perspectives. Cet « écrasement » des plans peut être du plus bel effet sur un portrait, évidement, mais aussi en photographie de paysage et d’architecture.

 

Fuji X-T1 – 90mm – f/2 – 1/640s – ISO200

 

Conclusions

Les ingénieurs de chez Fuji montrent encore une fois qu’ils sont devenus experts dans le développement d’optiques pour cette série X. Pourquoi bouder son plaisir quand on sait que les photos prises avec ce télé seront techniquement exemptes de défauts (artistiquement c’est une autre histoire 🙂 ) et qu’il n’y a pas de souci à se faire pour la qualité de la mise au point.

On peut regretter l’absence de stabilisation dans cette première version en attendant une éventuelle évolution munie de l’excellent OIS ou la sortie d’un hypothétique boitier stabilisé. Rien de rédhibitoire, il suffit de reprendre les bonnes vieilles habitudes et travailler avec une vitesse d’obturation dite de sécurité en ne descendant pas en-dessous du 1/125s (à adapter en fonction de la vivacité de votre sujet 😉 ).

Les fans de profondeur de champ minimale se tourneront vers le Fujinon 56mm f/1.2 qui reste une référence dans ce domaine. En revanche, la qualité du bokeh du Fuji 90mm f/2 est à la hauteur des objectifs f/1.4 et f/1.2 de chez Fuji.

Personnellement, je préfère la polyvalence d’une optique plus longue permettant de prendre un peu de distance par rapport à son sujet en portrait ou en reportage. Ce 90mm équiv. 137mm est aussi très utile en photographie de paysage pour rythmer une série d’images réalisées au grand angle par exemple.

Fuji X-T1 – 90mm – f/2 – 1/640 – ISO400

 

J’ai aimé

  • qualité de construction
  • tropicalisation
  • autofocus
  • netteté des images
  • bokeh
  • contrastes et couleurs
  • poids et encombrement
  • prise en main confortable
  • focale polyvalente

J’ai moins aimé

  • le prix un peu élevé (justifié mais quand même 899€)
  • le pare-soleil en plastique moche
  • l’absence de stabilisation

Matériel utilisé : Fuji X-T1 – Fujinon 90mm f/2 R LM WR – Fujinon 35mm f/1.4 R (pour les photos de présentation)

 

3 thoughts on “Test – Fujifilm Fujinon XF 90mm f/2R

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