Fujinon XF 14mm f/2.8R

Fujinon XF 14mm f/2.8R, mon impression après 6 mois d’utilisation.

Avec le Fuji X-T1 équipé de son kit Fujinon 18-55mm on peut déjà faire beaucoup mais, je me suis assez vite senti à l’étroit.

J’aime la photo de paysage et la photo d’architecture, deux thèmes qui demandent à voir grand et j’ai assez rapidement cherché un grand angle pour compléter mon matériel.

Au moment du choix j’ai longuement hésité entre ce Fujinon XF 14mm f/2.8R et le Fujifilm Fujinon XF 10-24 mm f/4R OIS. Comme d’habitude j’ai lu tout l’internet avant de faire mon choix, mais le critère principal qui a influencé mon choix final est le poids et l’encombrement.

Le Fujinon 16mm f/1.4R entrait également dans mes choix possibles mais je n’ai pas retenu cette option. Ce 16mm correspond à un 24mm équiv. full frame trop proche des 18mm de l’optique de base, pas assez grand angle. De plus, je l’ai trouvé trop encombrant sur mon X-T1.

Toujours dans l’idée de rester avec un ensemble simple et léger, j’ai donc choisi le 14mm et ses 235gr. Il s’agit d’une optique relativement ancienne dans la gamme Fuji X mais elle n’est certainement pas démodée et n’a pas encore été remplacée dans la gamme.

Je vous propose une petite prise en main. Il ne s’agit pas d’un test scientifique loin de là, pas de mire et d’analyse purement technique de ce 14mm. D’autres sites font ça bien mieux que moi. Je vous fais simplement part de mon ressenti personnel après quelques mois d’utilisation.

 

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Prise en main.

Le poids. C’est ce qui est frappant quand on prend en main ce Fuji 14mm pour la première fois : il est petit et même très compact et léger ! Son encombrement est très similaire au Fujinon 35mm f/1.4.

Cependant, la qualité est bien présente. La prise en main est flatteuse et les matériaux  sont très agréables au touché. La monture est métallique comme le reste de l’objectif, le revêtement de la bague de mise au point frise la perfection, c’est fin mais le relief est suffisamment profond pour permettre une manipulation aisée.

La série « R » chez Fuji signifie que l’optique est équipée d’une bague de diaphragme numérotée. Pour ce 14mm, les valeurs sont comprises entre 2.8 et 22 divisées en 1/3 de valeurs. Une position supplémentaire « A » permet de rendre l’ouverture automatique.

Cette bague de diaphragme n’est pas une grande réussite. Elle est construite dans un plastique de qualité très inférieure par rapport au reste des éléments. Le crantage est également un peu léger et il faut être attentif au réglage choisi qui peut être facilement modifié par un simple aller-retour dans le sac. J’encourage les ingénieurs de chez Fuji à s’inspirer de ce qui se fait dans la concurrence, notamment chez Zeiss. J’ai un Zeiss 135mm f/2.8 datant des années ’80 dont le crantage de la bague de diaphragme n’a pas pris une ride.

Le diamètre frontal est de 58mm et possède un filetage permettant l’utilisation de filtres. Cette optique partage le même pare-soleil que le 18-55mm. C’est malin et ça permet de gagner encore un peu de place dans le fourre-tout. En revanche, il n’est pas beau. Ce pare-soleil tulipe ne convient pas au look vintage des Fuji X actuels.

La bague de mise au point possède deux positions. En position normale, l’optique est en mode autofocus. Un léger mouvement de traction et la bague coulisse pour faire apparaitre une échelle de distance et de profondeur de champ. L’objectif est maintenant en mode manuel. C’est simple et efficace : pas besoin d’enlever l’œil du viseur pour changer de mode. Ce mode manuel, couplé au focus peaking du X-T1 c’est d’une efficacité redoutable. On pousse la bague vers l’avant pour revenir en mode autofocus.

 

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Qualité d’image.

Le Fujinon 14mm f/2.8 est équivalent à un 20mm sur un capteur full frame, de quoi voir large, très large en paysage urbain ou rural. Dès les premiers essais je surpris par l’absence de déformation. J’ignore s’il s’agit du résultat du travail des opticiens ou d’un traitement réalisé par le processeur du boitier mais, la déformation sphérique est invisible. Pas de d’aberration chromatique et un vignettage contenu.

J’ai lu d’autres tests qui critiquaient vivement le vignettage qualifié de trop prononcé à très élevé. Ce défaut ne m’a pas sauté aux yeux, certainement d’une part parce que j’utilise le 14mm aux petites ouvertures moins propices à l’apparition du vignettage et d’autre part parce que j’aime le vignettage quitte à l’accentuer au traitement.

Le piqué est excellent, les images sont riches en détails et respectent bien les couleurs naturelles.

J’ai testé l’objectif en ville, à la campagne, de jour en plein soleil, de nuit (heure bleue) et je ne l’ai jamais pris en défaut du côté de la qualité optique.

D’un naturel distrait, le pare-soleil reste souvent à la maison. Je redoute le moment où je vais devoir faire face au flare, mais même de ce côté en travaillant intelligemment, le résultat est impeccable.

Seul regret, l’effet étoile (starburst) qui très difficile à obtenir. Malgré les 7 lamelles du diaphragme il est impossible d’obtenir cet effet en dessous de f/11 voire même f/16 où on flirte dangereusement avec le problème de la diffraction. C’est dommage et quand je veux cet effet je ressors le Nikon et mon excellent 16-35mm f/4.

J’aime aussi à l’occasion utiliser ce genre d’objectif à pleine ouverture, notamment en photographie de concerts. Les lamelles du diaphragme sont arrondies, le bokeh dès lors est doux et … rond. On sent bien sûr la limite du f/2.8 sur capteur APS-C et on n’obtient pas la même impression 3D qu’avec le 35mm f/1.4. En revanche, la qualité est présente dès la pleine ouverture, c’est piqué.

 

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Mise au point.

Je n’ai pas acheté un 14mm pour photographier des sujets rapides. C’est une optique typiquement utilisée pour le paysage où on prend le temps de composer et de mettre au point avec une très grande profondeur de champ. La mise au point semble rapide et efficace et pour les sujets pour lesquels je l’utilise, elle n’a jamais été prise en défaut. L’AF fait son boulot avec régularité et dans un silence complet.

J’ai tenté quelques images en photographies de rue, mais là, pas besoin d’autofocus, j’utilise l’hyperfocale. Méthode qui est facilitée par la présence des échelles distances et profondeur de champ sur l’objectif.

Toscane Lucca 23-07-2016

 

Conclusion.

Ce Fujinon 14mm f/2.8R est redoutable d’efficacité et remplit parfaitement l’usage pour lequel je l’ai acheté : une optique de grande qualité, légère et compacte. Il se marie à la perfection avec mon Fujinon 35mm f/1.4R et ces deux objectifs constituent maintenant mon kit de base pour la balade légère et discrète. Un équipement compact mais qui ne fait pas de concession sur la qualité.

 

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J’ai aimé

– qualité de fabrication robuste, faite pour durer

– piqué et contraste

– correction des aberrations

– déformation et vignettage contenus

– filtre de 58mm, c’est bien pour le budget filtres

J’ai moins aimé

– bague du diaphragme trop mobile et un peu molle

– pare-soleil, efficace mais tout plastique et pas beau

– effet étoile difficile à provoquer

Toscane Lucca 23-07-2016

 

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Manu Chao La Ventura

 

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