Présentation et test du convertisseur Iridient X Transformer

Iridient X Transformer convertisseur de fichiers X-Trans

La vie d’un utilisateur Fuji n’est pas toujours un long fleuve tranquille quand vient le temps de traiter un fichier RAF à l’aide des logiciels de chez Adobe.

Le boitiers Fuji, comme mon X-T1 font le job dès la prise de vue et je reprends souvent le JPG développé dans l’appareil. Mais il arrive aussi que je décide de repartir du fichier brut, pour récupérer une erreur, pour triturer les couleurs ou encore passer le fichier en N&B. Et là, les choses se compliquent un peu.

Fuji conseille de passer par son logiciel SilkyPix.

J’ai essayé. Ne te fâche pas Fuji, mais à mon humble avis, l’interface de ce logiciel est à revoir complètement et je n’arrive pas à sortir un résultat correct avec ce soft.

Adobe n’est pas non plus à la hauteur. Il est bien sûr possible de sortir un excellent fichier mais au prix d’un réglage fin et parfois fastidieux. S’il est très facile de profiter de la plage dynamique des fichiers RAF, de régler une température de couleur, etc,… le réglage de l’accentuation est quant à lui assez compliqué (ne pas trop forcer sur le gain, limiter le rayon et parfois forcer le détail,… mais parfois c’est juste l’inverse, va savoir pourquoi !).

Je me suis récemment penché sur une solution externe développée par Iridient Digital : Iridient X Transformer dans sa version 1 (beta 3) ou IXT pour les intimes (et le rédacteur fainéant).

Iridient X Transformer est vraisemblablement développer sur la base de leur logiciel Iridient Developer destiné au monde Mac. IXT a été porté dans le monde PC pour mon plus grand bonheur. Mes premiers résultats obtenus avec IXT sont tout simplement bluffants.

Je vous propose de suivre une présentation des principales fonctionnalités du logiciel suivie d’un test personnel qui n’a rien de scientifique et ne reflète que mon opinion personnelle.

L’interface

Le logiciel se présente sous la forme d’une fenêtre simple et bien agencée. Pas de fioriture, tout est accessible dans une seule boite à onglets permettant de régler les paramètres de conversion RAW, les paramètres du fichier DNG, les noms des fichiers en sortie et enfin le dossier de destination.

 

 

RAW Options

Les options de conversion « RAW Process » permettent de déterminer la manière dont IXT va dématricer le fichier RAW. Le développeur conseille d’utiliser le réglage « More Detailed » pour les sujets détaillés comme les paysages, la nature ou les macros alors que le réglage « Smoother » sera utilisé pour les portraits et les fichiers capturés en haut ISO. Ce dernier réglage permettant d’éviter les artefacts de dématriçage. Pour l’instant j’ai laissé ce réglage sur « More detailed » sans constater de défaut.

Le « sharpening » permet de régler le dosage d’accentuation appliqué sur le fichier. Le programme utilise le même moteur que Iridient Developer. Par prudence je laisse cette option sur « Low », je préfère gérer le niveau d’accentuation à la fin du traitement et toujours en fonction du format de sortie du fichier et de sa destination (papier, écran,…). Comme souvent avec l’accentuation, il faut y aller à petit pas pour ne pas dégrader le fichier et provoquer des halos disgracieux.

Les paramètres « DNG Baseline Sharpness Tag » et « DNG Baseline Noise Tag » sont utilisés uniquement par les logiciel Adobe. Ces balises ne sont pas très documentées par Adobe et l’aide de Iridient X Transformer reste elle aussi assez floue sur leur utilité. J’ai réalisé quelques tests avec le paramètre laissé sur « Adobe Default » et d’autres en réglant sur « Do not include » et je n’ai pas vu de différence sur le résultat final.

Deux paramétrages de réduction de bruit permettent d’intervenir sur le bruit de luminance (« Luminance Noise Reduction ») et sur le bruit de couleur (« Color Noise Reduction »). Le programme utilise les algorithmes de Iridient Developer. Le niveau de réduction du bruit s’adapte automatiquement à un certain degré selon l’ISO et d’autres facteurs d’image. Le développeur indique que ce processus peut avoir un impact sur la netteté de l’image, il faut donc adapter le réglage à l’aide des options définies entre « None » pour ne pas débruiter à « High » pour un traitement maximum. C’est archi-simple, peut-être trop. J’aimerais avoir la main sur ces paramètres et définir manuellement et pourquoi pas prévisualiser l’effet sur l’image finalement exportée en DNG.

Les paramètres d’accentuation et de réduction du bruit proposent de ne pas tenir compte des réglages Lighroom (« Turn off Lightroom »). Je coche ces options lors du traitement de fichiers qui auraient déjà été modifiés dans Lightroom afin que les réglages ne se superposent pas. La multiplication d’accentuations ou de débruitages successifs provoquent des destructions irrécupérables sur le fichier final.

Enfin, IXT permet d’appliquer des correction sur les défauts optiques communs, au choix : distorsions, aberrations chromatiques et vignettage.  Les corrections peuvent être ignorées afin d’accélérer le traitement des fichiers RAF par IXT. Sur ce point, Adobe fait aussi bien voir mieux grâce à son outil « Upright ».
On peut aussi appliquer les paramètres directement ou les ajouter dans les balises DNG (« Include as DNG Metadata »). J’ai choisi cette dernière option afin de conserver un historique de ce qui a été modifié.

 

DNG Options

 

Le deuxième onglet nommé « DNG Options » permet de régler les paramètres de création du fichier final au format DNG et les données qui y seront mémorisées.

L’utilisateur peut choisir la profondeur de couleurs entre 8 et 16 ou utiliser la même profondeur que celle du fichier RAF. J’ai choisi cette dernière solution et je ne modifie donc pas la profondeur de couleur des mes fichiers RAF.

Le programme laisse ensuite la possibilité d’envoyer des mots clés dans les balises XMP, de conserver la date du fichier original (option géniale pour un classement méticuleux).

L’utilisateur peut en outre choisir la taille de la prévisualisation JPG mémorisée dans le fichier DNG. Je laisse sur « Medium Size » en qualité « Medium ». Ces paramètres sont confortable sur un PC moderne et permet une consultation aisée des fichiers.

Enfin, IXT laisse la possibilité de préserver les paramètres de développement Lighroom (ou ACR) qui auraient déjà été appliqués sur le fichier RAF de base. Cependant, ces ajustements ne sont que des valeurs de métadonnées et n’influencent pas l’image réelle. Dans Lightroom après la conversion, vous pouvez modifier tous ces réglages.

 

File Naming

IXT offre plusieurs possibilités de renommage des fichiers traités avec des options telles que la conservation du nom d’origine, l’ajout d’un numéro séquentiel, l’utilisation d’un nom personnalisé éventuellement complété d’une date (modification, création, date de prise de vue, etc,…).
Bref, rien de neuf, mais tout est là pour vous aider à tenir à jour un classement cohérent.

 

Save to Folder

 

Enfin, le programme permet de paramétrer la destination des images avec la possibilité de les laisser dans le dossier d’origine, de créer un sous-dossier dans le dossier d’origine ou de rediriger les fichiers vers un dossier de votre choix. Après l’exportation vous pouvez ouvrir le fichier transformer avec le logiciel de votre choix à paramétrer dans le champ « After save open with ». Cette dernière fonctionnalité est à réserver pour les conversion de fichier unique. Activer cette option lors de la transformation du contenu de tout un dossier provoque l’ouverture d’autant d’instance du logiciel choisi qu’il y a de fichiers dans le batch.

 

Lancer la conversion

Il ne vous reste plus à présent qu’à cliquer sur « Select Image(s) to convert… » pour ouvrir la fenêtre de sélection du ou des fichiers à convertir. Petite astuce, il est possible de choisir un dossier complet dans lequel se trouvent les fichiers à convertir via le menu de l’application File > Select Folder to Convert…

IXT lance alors le processus de conversion. La barre de progression est fidèle et relativement rapide (testé sur un PC équipé d’un processeur Intel Core I5 @ 3Ghz et 16Gb RAM) et le programme semble profiter à fond du multi thread. Il est d’ailleurs possible, pour les configurations moins performantes, de limiter l’utilisation du processeur et de forcer le programme à traiter les images une à une (Menu Settings>Reduce Processor Utilization et Settings>Proccess Batched Images One by One).

 

Test et comparaison avant/après.

J’ai choisi quelques fichiers réalisés avec mon X-T1 et différentes optiques (14mm f/2.8 – 18-55mm f/2.8-4 – 35mm f/1.4) et représentatifs de ce que j’aime photographier avec mes Fuji.

Etape 1 : Je suis parti du fichier RAF d’origine. J’ai  traité de manière habituelle directement dans Lightroom pour obtenir un résultat qui me plait à l’écran.

Etape 2 : toujours à partir du fichier RAF, brut, j’ai réalisé la conversion en utilisant les paramètres suivant :

  • Raw Process = More detailed
  • Sharpening = Low
  • Turn Off Lightroom Sharpening = oui
  • DNG Baseline Sharpness et Noise Tag = Default
  • Luminance Noise Reduction et Color Noise Reduction = Default
  • Turn Off Lightroom Luminance NR = oui
  • Turn Off Lightroom Color NR = oui
  • Lens Corrections = Include as DNG Metadata
  • Distorsion = oui
  • CA = oui
  • Vignetting = oui

Etape 3 : J’ai donc obtenu des fichiers DNG que j’ai traités dans Lightroom. Afin d’obtenir deux fichiers comparables, j’ai synchronisé les réglages réalisés sur le ficher RAF (à l’étape 1) à l’exception des réglages d’accentuation et de réduction du bruit.

Etape 4  : Enfin, j’ai comparé les deux fichiers dans Lightroom à l’aide de l’outil comparaison sur un zoom à 1:1.

Le fichier de gauche est le fichier DNG traité dans Lightroom mais sans accentuation, le fichier de droite est le fichier RAF traité dans Lightroom et accentué. Observez la différence au niveau de la girouette et des graduations de l’horloge où l’on retrouve de la définition et de la netteté dans le fichier traité avec Iridient X Transformer.

Je vous laisse observer les version en 2048 pixels. Le premier fichier avec un traitement du fichier RAF en Lightroom et le second est le fichier est passé par le processus d’IXT avant d’être traité en LR. Image prise avec un Fuji X-T1 équipé du Fujinon 18-55 f/2.8-4 (200ISO – f/10 – 1/30 – 37,44mm)

RAF traité en Lighroom

 

RAF converti avec Iridient X Tranformer et traité avec Lightroom

 

Second exemple avec cette pose longue prise en contre-jour, observez le rendu obtenu avec IXT sur le buisson. On constate que le niveau de détail conservé par le processus d’IXT est tout simplement remarquable. Rien à voir avec le résultat obtenu avec Lightroom.

Le fichier de gauche est le fichier DNG traité dans Lightroom mais sans accentuation, le fichier de droite est le fichier RAF traité dans Lightroom et accentué. Observez la différence au niveau du buisson.

 

Voici les deux images en 2048 pixels. La photo a été prise avec le Fuji X-T1 et le Fujinon 14mm f/2.8 (ISO 200 – f/8 – 28sec.).

RAF traité en Lighroom

 

RAF converti avec Iridient X Tranformer et traité avec Lightroom

L’action d’Iridient X Transformer est tout aussi efficace sur un portrait. J’ai modifié légèrement les paramètres de conversion en augmentant le niveau d’accentuation appliqué par IXT, j’ai laissé le curseur sur « Default ». La différence est encore une fois évidente, IXT s’en sort beaucoup mieux avec le fichier RAF au niveau de la gestion de l’accentuation et du traitement des fins détails. Observez la netteté globale du fichier et la qualité du traitement des cils et des cheveux.

Voici les deux images en 2048 pixels. La photo a été prise avec le Fuji X-T1 et le Fujinon 35mm f/1.4 (ISO 200 – f/1.4 – 1/480s).

Fichier RAF traité en Lightroom

 

RAF converti avec Iridient X Tranformer et traité avec Lightroom

Conclusion

Le travail réalisé par les développeurs d’Iridient X Transformer est tout simplement remarquable. Un logiciel doté d’une interface très simple, utilisant à 100% les possibilités matérielles modernes assurant une grande rapidité de traitement. Les nombreux paramètres permettent de régler assez finement le résultat final et tirer le maximum des informations contenues dans le fichier RAF de Fuji.

Adobe semble piétiner et rechigner à réécrire une partie de ses algorithmes de dématriçage, il donne l’impression de coller des rustines sur des solutions certainement parfaites pour les capteurs FX et DX des autres grandes marques mais qui ne sont pas adaptées au capteur X-Trans de chez Fuji.

Beaucoup s’en contentent et il est vrai que pour une utilisation web ou pour de petits tirages, la différence peut sembler anecdotique. Mais au moment de passer à de plus grands tirages (j’imprime parfois des 60×120 à partir de mes fichiers Fuji) il faut pousser plus loin les possibilités offertes par les fichiers bruts. Car en effet il ne s’agit pas pour Iridient X Transformer de tricher ou d’inventer des détails là où il n’y en a pas. IXT n’est pas un logiciel de « récupération » mais bien un logiciel de dématriçage abouti.

Cependant, certains seront rebutés par l’idée de devoir passer par une solution tierce et allonger encore un peu le temps de traitement des images. Mais la qualité à un prix qui passe par la patience qui est, dans ce cas, récompensée par une nette amélioration du fichier final.

Je regrette cependant l’impossibilité de débrancher l’automatisme du traitement du bruit. Je surveille de près les futures évolutions qui ne manqueront pas d’être ajoutées à cette version Beta.

Iridient X Transformer est, à mon humble avis, un outil indispensable au photographe Fuji exigeant qui ne doit pas être rebuté par l’investissement parce que IXT a le bon goût d’être proposé à un prix très raisonnable (environ 30€). Alors ? Pourquoi s’en priver ? Faites le test grâce à la version démo à télécharger sur leur site.

 

2 thoughts on “Présentation et test du convertisseur Iridient X Transformer

  1. Bonjour,
    Merci pour ce tuto très intéressant qui permet de faire des réglages optimum.
    Cependant, il y a un aspect de la conversion qui ne semble pas être abordé. En effet, j’ai enregistré les paramètres que vous indiquez et j’ai constaté que le poids des fichiers .dng était considérable. Je suis passé d’un fichier .raf de 25Mo à prés de 60Mo pour un .dng
    Est-ce normal ou bien ai-je loupé un paramètrage.
    Je vous serais très reconnaissant si vous vouliez bien m’aider à résoudre ce problème.
    Cordialement

    1. Bonjour,
      Merci pour votre visite et votre commentaire.
      Il est vrai que je ne me suis pas attardé sur la taille du DNG final. Il est possible d’intervenir sur sa taille au niveau de l’onglet « DNG Options ».
      Cocher « Use lossless compression » pour activer la compression sans perte. Dans sa documentation, Iridient indique que le gain sur la taille du fichier DNG peut varier entre 30 et 40%, ce qui n’est pas négligeable.

      Vous pouvez en outre modifier la taille de la prévisualisation JPG qui est encapsulée dans le fichier DNG. La taille « Medium size » correspond à une image de 1024 de longueur alors que le réglage « Large size » mémorise une image de 1920 pixels de longueur. Ce JPG n’est utilisé que par le système d’exploitation (Windows pour ma part) lors de l’affichage des vignettes (thumbnails). Les programmes de la suite Adobe créent eux-même les vignettes et ignorent les données encapsulées.

      Dans ma configuration, j’active la compression sans perte et je mémorise un fichier JPG en « Medium size ». Je viens de vérifier sur mes différents essais : un fichier RAF de +/-32Mb (issu d’un Fuji X-T1) fait une taille de +/- 35Mb après conversion soit un léger accroissement mais rien de bien dramatique.

      Mika.

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