Test – Nikon AF-S NIKKOR 20mm f/1.8G ED N

Essai terrain du Nikon AF-S NIKKOR 20mm f/1.8G ED N

Toujours dans le but de simplifier et d’alléger mon parc d’optiques, j’ai récemment décidé de me séparer de mon bien aimé Nikon 16-35mm f/4. En effet, j’ai constaté que je l’utilisais presque exclusivement à sa plus courte focale. Suite à ce constat j’ai commencé à regarder du côté des objectifs fixes grands angles. Sigma annonçait un ART 14mm f/1.8 mais son poids de 1170gr m’a rebuté. Dans un autre style, il y a aussi le Samyang 14mm f/2.8 que j’ai utilisé pendant 2 ans avec plaisir, objectif qualitatif mais la déformation en « moustache » devient gênant en photographie d’architecture. Il y a toujours quelque chose qui ne le plaisait pas, le poids, l’encombrement, les lentilles frontales bombées,… Je continuais mes investigations quand je suis alors tombé un peu par hasard sur la petite annonce d’un Nikon 20mm f/1.8G comme neuf.

Ne connaissant pas bien cette optique qui était, sans raison, passée en-dessous de mon radar, j’ai lu tout ce que l’internet disait à son sujet et j’ai tenté ma chance.

Sortie en 2014, cette version f/1.8 succède à la version f/2.8 vieillissante et reprend ce qui fait le succès des optiques Nikon actuelles : moteur SWM, AF-S, traitement nanocrystal et diaphragme circulaire. Il vient compléter la gamme f/1.8G où on trouve également les 24mm, 28mm, 35mm, 50mm et 85mm.

Je vous propose un test sur le terrain. Comme d’habitude, rien de scientifique, pas de mire, pas de murs de briques, mais simplement mon avis personnel après quelques mois d’utilisation sur mes sujets habituels.

Construction

Avec un poids très agréable de 355gr, Nikon a fait le choix de la portabilité et même de la compacité avec une longueur de seulement 83mm. Pour arriver à ce poids plume les matériaux font la part belle au plastique. Un plastique solide et agréable au toucher d’aspect mat et rassurant. La baïonnette est en métal et est protégée par un joint d’étanchéité. Le reste de l’optique n’est pas tropicalisé. Dommage.

Pas de bague de diaphragme sur cette optique G. La bague de mise au point est d’une bonne taille et facilement accessible. Elle n’est pas suffisamment précise pour une utilisation manuelle efficace, toujours cette petite latence entre le début du mouvement et son effet sur la mise au point.

Nikon fournit un pare-soleil en plastique qui tient bien dans sa baïonnette. le diamètre frontal est de 77mm et c’est très bien pour la compatibilité avec mes filtres.

C’est un objectif à l’allure ramassée qu’on a bien en main et qui s’équilibre parfaitement sur mon D750.

D750 – 20mm f/1.8G – f/11 – 8sec. – ISO100

Qualité d’image

Je ne vais pas maintenir le suspens plus longtemps : c’est excellent mais pas exempt de petits défauts. Le principal étant une assez forte présence de vignettage à grande ouverture qui disparait cependant assez rapidement lorsqu’on ferme le diaphragme. Ce vignettage est aussi très facilement corrigé par Lightroom.

A part ça,… l’image est très piquée au centre dès la pleine ouverture, la distorsion est bien maîtrisée et les aberrations chromatiques absentes en conditions normales. Je constate l’apparition de légères aberrations chromatique sur des images prises à pleine ouverture sur des sujets très contrastés.

La netteté des bords est en léger retrait par rapport au centre à pleine ouverture, ça devient bon dès f/5.6 et homogène aux ouvertures utiles en paysages.

Il est possible d’obtenir un bokeh assez doux grâce à sa grande ouverture de f/1.8 et la distance de mise au point minimale de 20cm. C’est extrêmement amusant à utiliser voir même créatif.

Cette distance minimale de 20cm, mesurée à partir du capteur, est perturbante au début, surtout si on garde l’oeil au viseur. Pour ceux qui s’amuseraient à faire des portraits en gros plan, on peut vite se retrouver avec le nez de son sujet dans le pare-soleil.

D750 – 20mm f/1.8G – f/1.8 – 1/500 – ISO100

Autre gros point positif, ce 20mm produit de splendides effets « starburst » sur le soleil ou sur les éclairages publics en photo de nuit et ce dès f/11 ce qui évite de descendre dans des ouvertures présentant une plus forte diffraction. Attention cependant à ne pas en abuser et à surveiller l’apparition du flare. Même si le 20mm n’est pas facilement sujet à ce défaut, il peut cependant apparaitre dans des conditions extrêmes.

D750 – 20mm f/1.8G – f/13 – 1/100 – ISO100

Cet ultra grand-angle est donc parfaitement adapté à la pratique du paysage et de l’architecture, à la photo nocturne mais aussi dans une certaine mesure à l’astrophotographie.

D750 – 20mm f/1.8G – f/1.8 – 1/200 – ISO180

Mise au point – Autofocus

Moteur SWM, AF-S, grande ouverture, toutes les conditions sont présentes pour obtenir une optique rapide et précise. Même si ce n’est pas un critère très important pour un paysagiste, il est très agréable de pouvoir utiliser ce matériel dans des sujets différents comme le reportage ou même la photo de rue.

Le Nikon 20mm f/1.8G est dépourvu de stabilisation. Est-ce un handicap ? Eventuellement, à main levée, dans des conditions difficiles et sur des boitiers très pixelisés comme le D850 il faudra bien choisir sa vitesse d’obturation. En revanche, aucun problème sur les nouveaux hybrides Nikon Z6 et Z7 équipés de la stabilisation sur 5 axes limitée à 3 axes pour les optiques à monture F.
Personnellement, sur mon D750 et sur trépied, ça ne me pose aucun problème. Si je dois travailler à main levée, sur un ultra grand-angle on peut quand même descendre dans des vitesses de sécurité très basses ou encore augmenter la sensibilité et profiter de la grande ouverture de f/1.8.
L’absence de stabilisation sur l’optique permet en outre de conserver un faible encombrement.

D750 – 20mm f/1.8G – f/5.6 – ISO400

Conclusion

Ce Nikon AF-S Nikkor 20mm f/1.8 G N est une optique bien conçue et bien construite qui présente quelques petits défauts optiques très facilement récupérables au traitement. Un objectif qui se fait oublier dans le sac tant il est léger et compact. Il est venu compléter ma gamme d’optique f/1.8G (le 50mm et le 85mm) que j’utilise lorsque je veux me balader léger. Ce trio me permettant de couvrir l’ensemble de mes sujets de prédilection tout en restant créatif notamment grâce à la possibilité d’utiliser de faibles profondeurs de champs voir même d’approcher la proxy en mode grand-angle.
Il accompagnera également mon Sigma 24-105mm f/4 pour les voyages, je pourrai ainsi bénéficier d’un range allant de l’ultra grand-angle lumineux jusqu’au télé moyen en deux optiques de qualité.
Je ne l’ai pas encore tester dans ces conditions, mais il aura sa place dans ma combinaison plus typée reportage à côté de mes Nikon 70-200mm f/4 et Sigma 24-105mm f/4, sa grande ouverture pourra alors être utile quand la lumière se fait plus rare ou quand l’effet grand-angle pourra apporter un point de vue différent.

J’aime

  • MAP minimale 20cm
  • Poids et taille
  • Qualité d’image
  • Effet starbust
  • Ouverture minimale f/1.8
  • Résistance au flare et aberations
  • Filtre 77mm

J’aime moins

  • Prix élevé comparé aux autres optiques de la gamme f/1.8G
  • Tropicalisation limitée à la baïonnette
  • Bague mise au point manque de précision

Matériel utilisé : Nikon D750 – Nikon AF-S Nikkor 20mm f/1.8 G N ED

 

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