Test – Sigma 24-105 f/4 OS HSM ART

Source : www.sigma-global.com

Je vous propose un test terrain du Sigma 24-105mm f/4 OS HSM ART utilisé sur mon Nikon D610, basé sur mon expérience personnelle après quelques mois d’utilisation en photographies de rue, de voyages et de paysages.

Pour la petite histoire, c’est mon second Sigma 24-105. J’en ai acheté un premier exemplaire lors de sa sortie que j’ai revendu après quelques mois lors de mon passage chez Fuji. A l’époque je pensais passer complètement dans ce système mais au final j’ai gardé un boitier reflex full frame et quelques zooms. Pour remplir quelques contrats, j’ai acheté un Nikon 24-120 f/4 et enfin, je viens de le remplacer par mon deuxième Sigma.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 @ f/6.3- ISO 100 – 1/400 – LR CC

 

f/4 is the new f/2.8

Oui, f/4 est le nouveau f/2.8. Quand j’ai commencé en photographie numérique, avec le Nikon D100 en 2003, il était impossible de fournir un travail de qualité en haute sensibilité. Le bruit numérique était trop présent ruinait les images. Il était alors utile d’avoir un zoom standard ouvrant à f/2.8 pour limiter l’utilisation des hauts ISO.

Avec les progrès réalisés dans le domaine des capteurs, il m’est de plus en plus fréquent d’utiliser des valeurs ISO élevées. J’ai l’habitude de laisser mon boitier en mode « ISO Auto » avec une valeur maximum comprise entre 1.600 et 3.200. Ceci m’assure d’avoir une vitesse d’obturation toujours suffisante pour une bonne netteté de mes images. La limite du f/4 est devenue anecdotique pour le reportage. Elle peut cependant être toujours d’actualité pour les conditions lumineuses difficiles.

En se limitant à f/4, les constructeurs peuvent se permettre d’allonger la focale des zooms standards. Canon vient de revoir sa copie de son classique 24-105mm f/4 USM L, Nikon a sorti son 24-120mm en 2010 (et ferait bien de le mettre à jour avec un VR plus moderne) quand Sigma a attendu 2013 pour sortir son standard. Le range est parfait pour les reporters et les voyageurs : du grand-angle au petit télé en une fraction de seconde.

Non, le f/4 n’est pas le nouveau f/2.8. Je viens de l’aborder, mais dans certaines conditions lumineuses difficiles, un diaphragme supplémentaire peut faire la différence. Notamment en spectacles ou concerts, ce diaph. permet de conserver une vitesse d’obturation plus élevée et de figer le sujet : sur une photo d’un musicien un peu remuant le choix possible entre 1/60 , 1/125 ou encore 1/200 fait la différence.

En terme de bokeh, il est évident que cette différence d’ouverture peut influencer le résultat final. A mon humble avis, il faut cependant relativiser. Sur un portrait réalisé à la focale maximale de 105mm, la différence avec la même photo faite à f/2.8 reste marginale. Là où les différences vont se faire sentir, c’est en descendant dans les focales et en s’éloignant du sujet à isoler. Dans ce cas, je pense qu’un f/2.8 ne permettra pas de réaliser un bokeh crémeux et je préfère utiliser un fixe ouvrant à f/1.8 ou même f/1.4. A ce titre, un petit 50mm f/1.8 viendra parfaitement seconder ce standard.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 – ISO 100 – 1/100 – LR CC

 

Test bokeh – Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 – 24mm – f/4 – ISO100 – 1/1000

 

Test bokeh – Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 – 105mm – f/4 – ISO100 – 1/1000

24-105mm, le couteau suisse

Le meilleur résumé de l’amplitude offerte par ce 24-105mm : c’est un couteau suisse. Il permet en un instant de passer du grand angle au télé court et offre la possibilité de prendre une vue d’ensemble et ensuite de zoomer rapidement sur un détail. Sans changer d’optique et sans se prendre la tête au moment de choisir le matériel à emporter en balade.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 @ f/22 – 24mm – f/9 – 1/200 – ISO80 – LR CC

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 @ f/22 – 105mm – f/4 – 1/250 – ISO80 – LR CC

 

Prise en main

Dès la première prise en main de ce Sigma 24-105, le sentiment de qualité est immédiatement présent. C’est une optique lourde (885 gr) et assez imposante avec sa lentille frontale de 82mm. Sur un reflex, je trouve ça rassurant. Je l’utilise sur un Nikon D610 et ils s’équilibrent parfaitement.

C’est du Made in Japan. Les matériaux utilisés sont luxueux, les bagues du zoom et de la mise au point sont agréables. Celle du zoom est bien dimensionnée, celle de la mise au point est un peu étroite à mon goût. Pour les Nikonistes, le sens de rotation du zoom est inversée par rapport au sens habituel des zooms Nikkor. Agaçant au début, mais on s’y fait rapidement. L’allure générale est jolie, simple et fonctionnelle sans fioriture inutile.

Ce n’est pas un objectif à mouvement interne et le zoom s’étend assez longuement quand il est en position 105mm. Ce n’est pas ce que je préfère, ces pièces mobiles visibles se salissent facilement et le méticuleux que je suis doit souvent frotter/souffler les extensions. Cependant, ces deux extensions permettant d’arriver à 105mm sont solides et le matériaux donnent confiance.

La course du zoom est rigide mais fluide laissant encore une fois une forte impression de qualité. Aucun jeu dans la bague de zoom qui est précise et rigoureusement immobile dès que vous avez choisi votre cadrage.

Le gros point négatif est l’absence totale de tropicalisation. J’imagine que, vu les dimensions atteintes par ce 24-105, il était difficile aux ingénieurs de prévoir la présence de quelques petits joints d’étanchéité. Il n’y a peut-être pas la place pour une tropicalisation telle que celle des récentes optiques Pentax ou Olympus, mais un petit joint, notamment à la baïonnette histoire de supporter une petite pluie sans stress ne serait pas du luxe.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 @ f/8 – ISO 100 – 1/400 – LR CC

 

Mise au point

Doté d’un moteur HSM de dernière génération, la mise au point est silencieuse et relativement rapide surtout quand on considère le poids des lentilles à déplacer. Sur ce point c’est vraiment une optique très agréable à utiliser.

L’exemplaire que j’ai acheté est bien calé et il fait la mise au point là où je la demande. Ce qui, en 2017, relève de l’exploit ! Je possède deux autres zoom Nikon (le 70-200 f/2.8 Vr1 et le 16-35 f/4) qui ont dû être étalonnés avec un passage par le SAV Nikon pour le télé que je n’arrivais pas à micro-régler moi-même tant les décalages étaient différents entre les focales. Une véritable honte pour une marque comme Nikon.

Afin de laisser aux utilisateurs la possibilité d’injecter eux-mêmes des micro-réglages pour les différentes focales, Sigma propose un dock USB (payant mais compatible avec une partie de la gamme). Il permet en outre d’installer d’éventuelles mises à jour du firmware. C’est une bonne nouvelle, si Sigma suit l’évolution, l’optique ne deviendra pas obsolète à la moindre modification des boitiers Nikon. Encore un exemple à suivre par les grandes marques qui devraient abandonner cette manie de laisser vieillir leurs matériels sans se soucier au mieux de leurs évolutions, au minimum de leurs corrections.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 – ISO 100 – 1/125 – LR CC

 

Qualité d’image

Lentilles FLD, SLD, Asphériques,… Je ne m’attarde pas, ces notions m’échappent partiellement et je ne vais certainement pas réaliser ici un test scientifique. Je préfère parler de mes impressions et donner une opinion personnelle qui vous aidera peut-être dans votre choix.

Les photographies produites par ce Sigma sont nettes, fabuleusement nettes! C’est ce qu’on lui demande et il le fait bien. Tout à fait à la hauteur de la réputation des optiques ART. On a beau le savoir, quel bonheur de découvrir ses premiers essais nets et contrastés.

Je constate en revanche la présence de vignettage, d’autres font certainement mieux mais c’est tellement facile à corriger. Comme je dis chaque fois, j’aime bien le vignettage donc ceci ne m’empêche pas de dormir.

Au grand angle, il y a une légère distorsion en moustache. C’est léger et là aussi c’est facile à corriger via le profil de Lightroom

En contre jour, une légère frange est visible sur les sujets très contrastés. Le profil de correction de ma version de Ligthroom élimine cette aberration pour la rendre complètement invisible accentuant encore l’impression de netteté de l’image.

Sans pour autant être complètement absent sur des photos face au soleil, le flare est très bien maitrisé et les images restent très constrastées et sans gros défaut apparent.

Certains disent qu’il est heureux que l’informatique vienne au secours de l’optique. C’est vrai, mais je pense que Sigma a bien fait d’axer le développement sur la netteté. Il est plus simple de corriger le vignettage et les aberrations chromatiques que de chercher à ajouter une netteté qui n’existerait pas de toute façon dans le fichier de base. Je dis, bien joué Sigma.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 – 24mm – f/16 – 1/200 -ISO80

 

Stabilisation

L’OS remplit parfaitement son rôle et on arrive aisément à descendre au 1/4 de seconde sur des sujets immobiles.

En revanche, le Sigma se révèle incapable de détecter automatiquement sa présence sur un trépied. Il faut impérativement désactiver la stabilisation manuellement. Si vous ne le faites pas, les photos seront floues. Comme si l’OS essayait de stabiliser quelque chose qui est … stable. Carton jaune Sigma, tu aurais pu mettre quelques développeurs au boulot sur cette fonctionnalité.

 

Nikon D610 – Sigma 24-105mm f/4 @ f/22 – ISO 100 – 1/4s sans trépied – LR CC

 

Conclusions

Le Sigma 24-105mm f/4 OS HSM ART est à mon humble avis la nouvelle référence en zoom standard pour monture Nikon.  C’est simple, si je ne devais garder qu’une seule optique, mon choix se porterait vers ce Sigma 24-105.
D’un maniement aisé et doté d’une bonne prise en main, le Sigma 24-105 n’est cependant pas un optique discrète. Elle donne des résultats très qualitatifs, meilleurs que le Nikon 24-120mm f/4. Sa construction est proche de la perfection. Il ne manque qu’une petite tropicalisation rassurante (Edit : la même que sur celle présente sur le Sigma 24-70mm f/2.8 ART annoncé en février 2017). Au chapitre défaut, l’OS qui ne se désactive pas automatiquement est certainement à corriger dans la prochaine version, ou éventuellement par une mise à jour du firmware.

Sigma a très certainement tourné la page des productions aléatoires et mal finies des années 80 et 90 et propose avec cette série ART ce qui se fait de mieux à l’heure actuelle (les tests du 85mm f/1.4 sont dithyrambiques) pour un prix correct si on peut se passer de quelques spécifications présentes dans les gammes pro des marques historiques. Espérons que cette démarche s’inscrit sur du long terme et que la gamme ART va s’étoffer avec une peut-être une nouvelle version du 70-200mm f/2.8 et pourquoi pas un 70-200mm f/4 à l’instar de ce que font Nikon ou Canon depuis longtemps.

J’ai aimé

  • construction solide et luxueuse
  • qualité d’image
  • netteté
  • contraste
  • rendu des couleurs
  • la stabilisation
  • AF précis et silencieux
  • amplitude du zoom
  • esthétique

J’ai moins aimé

  • le poids
  • pas de tropicalisation
  • stabilisation qui ne se désactive pas automatiquement sur trépied
  • légère déformation au grand angle
  • vignettage
  • filtre 82mm

Matériel utilisé : Nikon D610 – Sigma 24-105 f/4 OS HSM ART

One thought on “Test – Sigma 24-105 f/4 OS HSM ART

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *