Test – Comparatif Tamron 70-210mm f/4 Di VC USD vs Nikon AF-S 70-200mm f/4G ED VR N

 

Tamron frappe très fort en sortant son 70-210mm f/4 Di VC USD destiné aux appareils full frame et APS-C. Une nouvelle alternative aux lourds et encombrants 70-200 f/2.8 mais aussi aux principaux  concurrents directs les Nikon 70-200mm AF-S 70-200mm f/4G ED VR N et Canon EF 70-200mm f/4L IS USM.

Il est vendu au prix très compétitif de 829€ alors que le Nikon est toujours affiché à 1.309€ (mai 2108) et le Canon à 1.430€ (pour la version stabilisée).

Je vous propose un test comparatif sur le terrain entre ce nouveau Tamron et le Nikon. Ceci n’est pas un test scientifique et ne reflète que mon avis personnel. Le test est réalisé avec mon propre matériel acheté en magasin. Pour ce test j’ai été aidé par mon ami photographe Bernard Rie (je vous invite à visiter son site web qui vaut le détour) qui vient d’acquérir ce Tamron qu’il monte sur son Nikon D750. Pour être complet, je précise que l’AF de ce couple D750 – Tamron 70-210mm a été étalonné par le SAV Tamron Belgique juste avant le test.

Alors ce Tamron 70-210, véritable alternative aux constructeurs historiques ou simplement matériel d’entrée de gamme au prix alléchant ?

Prise en main et construction

Les deux objectifs sont légers et peu encombrants parfaitement équilibrés sur un Nikon D750. C’est le point fort de ces versions ouvrant à f/4 offrant la versatilité du 70-200 dans tous types de photographies tout en conservant un poids (850g identique pour les deux) et une taille (Tamron 176,5mm, Nikon 178,5 mm) raisonnables pour des téléobjectifs à ouverture fixe. Les versions 70-300 à ouvertures glissantes sont certainement plus intéressantes sur ce critère mais proposent, à mon humble avis, des qualités optiques moins bonnes.

La prise en main et le toucher du Tamron 70-210mm sont très agréables. Il reprend l’apparence et la construction des dernières optiques de la marque. Si la baïonnette est métalique, le reste de sa construction est en plastique solide et rassurant. Le rendu mat est du plus bel effet. L’assemblage précis conforte cette impression de robustesse et de qualité. Tamron n’a pas lésiné sur la tropicalisation avec pas moins de 8 joints d’étanchéité offrant une « construction résistante à l’humidité » (selon les mots du site de Tamron), de quoi affronter sans appréhension le climat disons… tempéré de la Belgique et même plus.

L’interface est simple avec seulement deux boutons permettant pour l’un de passer du mode AF vers manuel et pour l’autre d’activer ou non la stabilisation (VC). D’autre options de paramétrages sont disponibles via l’accessoire USB « Tap-In » permettant notamment de donner la priorité de la stabilisation au viseur (image stable dans le viseur pour le confort du photographe) ou au capteur (image moins stable dans le viseur mais strictement stabilisée au niveau du capteur). Le « Tap-In » coute environ 90€ et permet en outre d’effectuer un réglage fin de l’AF sur plusieurs focales.

L’objectif est composé de 20 lentilles en 14 groupes. Trois lentilles LD (low dispersion) corrigent les aberrations chromatiques et améliorent le rendu du bokeh. Les mouvements des lentilles sont internes (zoom et mise au point) améliorant la stabilité, l’encombrement et l’étanchéité de l’ensemble. La lentille frontale (67mm) est traitée « fluorine » pour un meilleur écoulement des gouttes d’eau et des poussières.

Deux bagues : la première pour la mise au point manuelle et la seconde pour le zoom. Elles sont sont fluides et précises. Aucun reproche à formuler pendant les quelques heures du test de ce Tamron 70-210, même l’inversion de la position des bagues par rapport au Nikon se fait rapidement oublier.

Le Tamron 70-210 mm n’est pas livré avec un collier de trépied, il est disponible en accessoire au prix de 139€ alourdissant ainsi le prix total (je vous rassure, c’est la même chose chez Nikon). Ce collier de trépied (que je n’ai pas testé) me semble bien conçu car directement compatible « Arca Swiss », bien vu Tamron !

Enfin, le Tamron 70-210mm f/4 est équipé d’un double microprocesseur MPU. Une unité du processeur est dédiée au stabilisateur et l’autre au contrôle du système de lentilles et notamment l’AF. Nous verrons plus tard que c’est tout bénéfice pour la rapidité de mise au point.

Le Nikon 70-200mm f/4, plus ancien, est de facture moins contemporaine mais son allure générale reste dans le style classique Nikon. Il ne souffre d’aucun problème de robustesse. Le plastique est solide et agréable au toucher.

La mise au point et le zoom sont internes : l’objectif ne change pas de taille lors du changement de focale et du focus.

La baïonnette est en métal et est équipée d’une protection anti ruissellement, de quoi supporter une petite pluie et limiter l’entrée de poussières. Rassurant. Cette optique est clairement faite pour durer.

En revanche, il n’est pas complètement tropicalisé. Dommage, à ce niveau de prix, Nikon aurait pu faire un effort. Ce paramètre n’entrait pas dans mes critères de choix mais pensez-y. C’est la principale différence avec la gamme professionnelle Nikon et un gros avantage du Tamron sur le Nikon.

L’interface du Nikon est plus complète et permet notamment de limiter la distance de mise au point de 3m à l’infini mais également de décider du mode de stabilisation (« Normal » : détection des mouvements panoramiques horizontaux et ne conserve que la stabilisation verticale ou « Active » : aucune détection, la stabilisation est systématiquement appliquée dans tous les axes).

Le Nikon se compose de 20 lentilles réparties en 14 groupes dont 3 lentilles ED et 1 lentille à indice de réfraction élevé (pour la correction des abberations chromatiques et l’amélioration du bokeh) ainsi que des lentilles avec traitement nanocristal (correction du flare). Avantage à Nikon sur ce point, la réputation des lentilles Nano n’est plus à faire.

Comme son confrère, le Nikon n’est pas fourni avec le collier de trépied qui est vendu séparément au prix d’environ 200€ (mai 218). A ce prix et comparé aux autres marques, Nikon devrait faire l’effort et fournir ce collier dans le kit.

Qualité d’image

Les images de ce test terrain ne sont pas issue d’un labo mais d’une balade en bord de Meuse équipé de nos deux D750 et des Tamron 70-210 f/4 et Nikon 70-200 f/4. Les deux optiques étant optimisées pour leur boitier. Au final, que dire de la qualité des images ? Et bien il est difficile de départager catégoriquement les deux optiques. Malgré son âge respectable, le Nikon délivre toujours des images nettes et contrastées, Tamron fait jeu égal sur ce terrain.

En revanche, le rendu des images est complètement différent et vous le constaterez dans les exemples, le Nikon a indéniablement un rendu (beaucoup) plus chaud que le Tamron. Chez Tamron il semblerait que les ingénieurs cherchaient un rendu plus contemporain, plus dans l’air du temps et proche de l’aspect cinématographique.

Utilisés aux grandes ouvertures, ces deux objectifs donneront d’excellentes images typées « reportages » avec un vignettage assez prononcé mais facile à corriger. En fermant, dés f/5.6 le vignettage disparait progressivement voir complètement dès f/8.

Les deux optiques n’ont pas de peine a restituer une image nette au centre dès f/4. Le Nikon est un poil plus homogène quand on s’éloigne du centre dès f/8 quand il faudra fermer à f/11 sur le Tamron pour obtenir un résultat similaire.

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 98mm – 1/250 – f/5.6 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 100mm – 1/250 – f/5.6 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/500 -f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/400 – f/4 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 70mm – 1/200 -f/8 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 86mm – 1/160 – f/8 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 130mm – 1/80 -f/11 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/60 – f/11 – ISO100

 

D750 – Tamron 70-210 f/4 – 70mm – 1/200 -f/8 – ISO100 D750 – Tamron 70-210 f/4 – 102mm – 1/160 – f/8 – ISO100 D750 – Tamron 70-210 f/4 – 140mm – 1/80 -f/11 – ISO100 D750 – Tamron 70-210 f/4 – 210mm – 1/60 – f/11 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 135mm – 1/400 – f/8 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 140mm – 1/320 – f/8 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 190mm – 1/160 – f/6.3 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 140mm – 1/320 – f/8 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 190mm – 1/320 – f/8 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/160 – f/8 – ISO100

 

Bokeh

Là où une optique limitée à f/4 ne peut pas battre les objectifs à grandes ouvertures, c’est sur le terrain du bokeh. Cependant, avec ces lentilles spécialement conçues pour améliorer le rendu des zones floues, les deux optiques de ce comparatif sont capables de délivrer un bokeh bien présent et très doux. A charge du photographe de choisir les meilleurs paramètres pour obtenir l’effet le plus visible soit généralement en se plaçant à une distance courte par rapport au sujet et avec un fond éloigné et biens sûr en sélectionnant l’ouverture maximum.

A ce petit jeu, Tamron donne un résultat très doux et Nikon laisse apparaître quelques « rondeurs » tout aussi agréables à l’oeil. Difficile encore une fois de les départager sur ce crière, c’est une question de goût ou de mode mais quoi qu’il en soit ces deux optiques sont capable de réaliser des images se détachant suffisamment du fonds.

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 102mm – 1/1000 – f/4 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 135mm – 1/800 – f/4 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/800 – f/4 – ISO100

 

D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 102mm – 1/800 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 135mm – 1/800 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/640 – f/4 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/1000 – f/4 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/500 – f/5.6 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/250 – f/8 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/125 – f/11 – ISO100 D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/60 – f/16 – ISO100

 

D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 200mm – 1/800 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 200mm – 1/500 – f/5.6 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 200mm – 1/250 – f/8 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 200mm – 1/100 – f/11 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 200mm – 1/50 – f/16 – ISO100

 

Stabilisation

Lors du test précédent, j’ai réalisé des images à des vitesses très basse pour cette focale soit 1/60 avec le Nikon et 1/50 avec le Tamron. Sans la stabilisation ces images seraient impossibles à réaliser à main levée. Les deux constructeurs assurent que leurs systèmes de réduction des vibrations permettent de réduire jusqu’à 4 fois la vitesse d’obturation.

Les deux optiques stabilisent l’image instantanément, sans à coup et dans un silence complet. Ces stabilisations modernes vous éviterons l’effet « mal de mer » que l’on pouvait observer dans les premières versions du VR (notamment sur le 24-120mm de Nikon).

Autofocus

En terme de régularité et de précision, les deux marques font jeu égal.

Tamron prend largement le dessus grâce à la rapidité de son autofocus. C’est tellement flagrant point que la première fois que j’ai repris le Nikon après quelques tests sur le Tamron j’ai instinctivement vérifié si le commutateur de l’AF Nikon était bien activé. La comparaison est cruelle pour Nikon qui accuse son âge sur ce critère. Il n’est pas inutilisable, loin de là, mais si vos sujets de prédilections comprennent le sport ou les portraits d’enfants remuant,… le Tamron est le maître choix.

La distance minimale de mise au point sur le Tamron est de 95cm (contre 1m pour le Nikon) et surtout, son rapport de grossissement est de x0,32 (source Tamron), de quoi aborder la  proxiphotographie ou l’utiliser pour des portraits serrés.

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/640 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/640 – f/4 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 165mm – 1/640 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/640 – f/4 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 130mm – 1/160 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/200 – f/4 – ISO100

 

D750 – Nikon 70-200mm f/4 – 200mm – 1/500 – f/4 – ISO100 D750 – Tamron 70-210mm f/4 – 210mm – 1/500 – f/4 – ISO100

 

Conclusions

Tamron frappe fort en produisant certainement le meilleur 70-210mm f/4 du marché en 2018.

Un rapport qualité/prix imbattable pour une optique moderne, très bien construite et fiable. De plus Tamron a la bonne idée de prolonger la période de garantie à 5 ans. De quoi rassurer les plus sceptiques sur la qualité du matériel Tamron.

A l’instar de Sigma et son excellente gamme « Art », Tamron, depuis 2015, renouvelle progressivement sa gamme optique « Human Touch SP ». Tamron veut produire du matériel technologique de pointe mais offrant des sensations à ses utilisateurs et ça marche.

Le 70-200mm Nikon de son côté commence à marquer le pas face à cette jeune concurrence notamment au niveau de son autofocus clairement à la traîne. En revanche il rivalise sans honte pour ce qui est de la qualité d’image, le bokeh et la stabilisation. Le Nikkor 70-200mm est un objectif bien né et qui reste une référence dans cette gamme.

Faut-il craquer pour ce tamron ? Ca dépend…

Vous êtes à la recherche d’un premier zoom télé-objectif premium à ouverture fixe ? Choisissez le Tamron sans hésiter! A ce prix, même en prenant les accessoires, il est moins cher que le Nikon et offre le même niveau de performance générale et un AF plus moderne ainsi qu’une petite rallonge de 10mm de l’amplitude du zoom.

Vous êtes équipé d’un Nikon 70-200 f/2.8 et vous cherchez une alternative plus légère pour les voyages ou les randonnées un peu sportives ? Idem, Tamron sans hésitation. Votre colonne vertébrale vous remerciera en même temps que votre banquier. Pour ceux qui envisagent la revente d’un modèle f/2.8 récent, le prix de vente pourrait même couvrir l’achat de ce Tamron et pourquoi d’une autre excellente optique fixe ouvrant à f/1.8 voir f/1.4 (comme le Tamron 45mm ou le léger et discret Nikon 50mm f/1.4).

Vous êtes déjà équipé d’un Nikon 70-200 f/4 ? Gardez-le. La différence entre Nikon et Tamron existe mais au final la qualité des images est très similaire.

Faut-il encore acheter un Nikon 70-200mm f/4 neuf ? Je ne le pense pas. Pour les fidèles de la marque, un achat en occasion me semble être plus judicieux. Mieux, faites preuve de patience, il serait aberrant que Nikon n’en profite par pour sortir une mise à jour de sa gamme « f/4 ». Les amateurs de ces excellentes optiques relativement abordables et qualitatives sont nombreux et j’espère que la prospérité retrouvée par Nikon servira à proposer des nouveautés dans cette gamme.

La gamme d’objectif dit « experts » s’étoffe d’année en année, les marques historiques sont bousculées par les fabricants tiers au bénéfice d’une meilleure qualité et dans le cas de ce Tamron, sans devoir casser la banque. Qui aurait prédit il y a 5 ou 6 ans que Sigma et Tamron feraient rêver les photographes pros et amateurs ?

 

2 thoughts on “Test – Comparatif Tamron 70-210mm f/4 Di VC USD vs Nikon AF-S 70-200mm f/4G ED VR N

  1. Par pure envie, je me suis séparé, a regrets, de mon excellent Nikon 70-200 f4 pour acquérir ce caillou et garder la cohérence de mon parc d’objectifs maintenant entièrement « Human touch » Tamron. 35, 45, 90, 24-70 et 70-210 f4 (le 70-200 f 2,8 m’étant inutile dans ma pratique photo et de surcroît trop lourd). Franchement, je rejoint tout à fait cette analyse. Qualités égales avec l’AF foudroyant en plus! Seul bémol, le limiteur de plage de MAP absent mais c’est vraiment pinailler. Purement subjectif: il sont beaux! Il est grand temps que Nikon revoie ce point de ses futures productions et aussi … son positionnement tarifaire!

    1. Belle brochette de « Human Touch » que vous possédez là. J’ai eu l’occasion de tester le Tamron 85mm f/1.8 et il m’a fait une très forte impression, quelle qualité ! Encore un classique que Nikon doit mettre à jour.

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