Test – Nikon AF-S Nikkor 16-35mm f/4G ED VR N

Prise en main du Nikon AF-S Nikkor 16-35mm f/4G ED VR

Dans la gamme Nikon j’avais le choix entre ce 16-35mm à ouverture constante f/4 avec stabilisation, le 14-24mm lui aussi constant en f/2.8 sans stabilisation et le 18-35mm à ouverture variable f/3.5-4.5 lui aussi sans VR. Deux critères ont guidé mon choix : le prix et le poids. Sur ces deux critères, le 14-24mm était disqualifié même si, sur le papier (et dans les faits), c’est le meilleur des trois. En revanche, l’idée de me coltiner 1kg supplémentaire et me soulager d’environ 2000€ ne m’attirait pas outre mesure.
Le 18-35mm f/3.5-4.5 actuel n’était pas encore sorti, seule l’ancienne version (datant de 2000) était encore disponible et ne m’avait pas séduit ni par sa construction en plastique bon marché ni par le manque de piqué à toutes les ouvertures et encore moins par les distorsions.

Il me restait donc ce 16-35mm f/4 que j’ai finalement trouvé en occasion, de la toute belle occaze’, état neuf accompagné de tous ses documents. Bref, la bonne affaire. En janvier 2018, le prix de cette optique tourne quant même aux alentours de 1200€. Pour ce prix, on en a pour son argent, la qualité est évidente mais on paye un peu la marque. Un prix aux alentours de 900-950€ serait plus approprié.

Ce 16-35 est sorti en 2010 et commence à dater dans la gamme Nikon. Je ne suis pas le premier à le tester mais je trouvais intéressant de partager avec vous ce test terrain sur plusieurs mois.

Dès la première prise en main, je constate que c’est le plastique qui domine. Un plastique qui donne confiance mais, quand même, ça reste du plastoc ! Nikon indique que cette optique est construite en métal. C’est vrai pour uniquement les éléments intérieurs et la baïonnette. Je n’ai cependant aucune crainte, ces éléments, similaires à ceux du Nikon 24-120mm f/4, sont solides et résistants aux rayures. Ce choix de matériaux permet en outre de conserver un poids raisonnable de 680gr.

Je l’ai utilisé successivement sur un D610 et un D750 et je trouve l’ensemble bien équilibré. Même si l’optique est imposante (12,5 cm) pour un ultra grand angle on conserve une bonne prise en main sans se bousiller les muscles de l’avant-bras.

La baïonnette en métal est entourée d’un petit joint d’étanchéité très rassurant quand on habite en Belgique et qu’on se ramasse des draches quasi quotidiennement. Nikon assure que ce 16-35 est « weather resistant ».

L’optique est équipée d’une échelle de distance visible à travers une petite fenêtre. En revanche, pas d’échelle de profondeur de champs pour ceux qui aiment travailler en hyperfocale, dommage.

Deux boutons permettent d’une part d’enclencher ou pas la stabilisation VR (1ère génération) et d’autre part de désactiver l’autofocus.

La mise au point et le mouvement du zoom sont internes. La bague de mise au point est un peu « floue », certainement pas la plus précise de la gamme. La bague du zoom est fluide et précise et je ne constate pas d’usure ou de relâchement.

Le range entre 16mm et 35mm permet de l’utiliser aussi bien en paysage au très grand angle qu’en photo de reportage au 35mm offrant ainsi une bonne polyvalence qui vient bien compléter mon Sigma 24-105mm f/4. La focale de 35mm pourrait permettre son utilisation en photographie de rue mais sa taille et surtout la taille du boitier qu’on y attache n’aide pas à rester discret. Pour ce type de sujet je préfère utiliser mon Fuji X-T1 et le Fujinon 23mm f/2, mais c’est une autre histoire…

L’objectif est équipé en standard d’un pare-soleil en plastique lui aussi. Le diamètre frontal est de 77mm et permet l’utilisation de filtres et portes-filtres standard. La lentille frontale n’est pas bombée comme sur le 14-24mm. A mes yeux, c’est un excellent point, ceci m’évite d’investir dans un système de fixation hors de prix (et accessoirement moches) et mieux encore, c’est entièrement compatible avec ce que je possède déjà (dégradé gris neutre, ND1000, polarisant).

Globalement, l’impression de solidité est présente, Nikon a réussi à combiner une bonne construction et un poids raisonnable.

Qualité d’image

Ceci n’est pas un test scientifique, il n’est basé que sur mon avis personnel après plusieurs mois d’utilisation et réalisé avec du matériel que je possède. Ne vous attendez donc pas à des mires ou des images de murs de briques. Je présente des exemples pris en RAW, traités dans Lightroom suivant mes goûts et mes habitudes et exportés en 2048 pixels de longueur.

J’ai pu utiliser ce 16-35mm f/4 dans diverses conditions lumineuses, de jour comme de nuit, en reportages, en concerts et bien sûr en paysage (cf. la galerie d’exemples ci-dessous).

Nikon D610 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 29mm – f/4 – 1/200 – ISO2500

L’image est piquée à très piquée au centre à toutes les focales. La qualité est excellente jusque au 3/4 de l’image mais se dégrade fort logiquement dans les coins surtout à 16mm. C’est le principal défaut de cette optique et à cet égard, le 14-24mm f/2.8 fait mieux. Je réalise des tirages 60x40cm et parfois 90x120cm, principalement des paysages natures ou urbains. Sur les très grands tirages, c’est vrai que ça se remarque mais sans pour autant être rédhibitoire. Un photographe ayant besoin de fichiers parfaits de coin à coin se tournera vers le 14-24mm.

Une légère déformation en coussinet est présente jusqu’à 20mm, après c’est plus discret à 24mm et 35mm. Je corrige systématiquement mes images dans Lightroom et le profil de correction proposé est parfait. Comparé à d’autres grands-angles comme le Samyang 14mm f/2.8, les images produites avec le Nikon sont beaucoup plus faciles à corriger, notamment en l’absence de déformation en moustache.

L’utilisation de cette optique à 16mm demande un cadrage rigoureux. C’est un ultra-grand-angle et le moindre défaut de verticalité et/ou d’horizontalité provoque des fuyantes impressionnantes. C’est parfois l’effet recherché et au pire, ça se corrige.

Sur mes capteurs de 24mpix, l’aberration chromatique est globalement bien contenue mais les franges apparaissent quand même dans des conditions très contrastées. Là aussi, Lightroom remplit son rôle et corrige parfaitement ce défaut.

Le traitement des lentilles « N » permet d’éviter le flare même sur des prises de vues avec le soleil de face. Efficace. Le traitement Nano-Crystal montre ses limites dans un cas extrême, lorsque plusieurs sources lumineuses sont présentes dans le cadre, ce qui arrive souvent en concerts.

Nikon D610 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 16mm – f/4 – 1/200 – ISO360

L’optique vignette un peu. Personnellement j’aime le vignettage léger qui permet de « fermer » un peu l’image. Ceux qui n’aiment pas peuvent toujours s’en remettre à l’efficacité de Lightroom (ou d’un autre dématriceur) pour régler ça.

C’est un f/4 constan et c’est bien utile car quelle que soit la focale, le réglage de l’ouverture reste le même. On peut dès lors cadrer (zoomer) précisément la scène sans se soucier de l’ouverture.
En paysage, mes diaphragmes de prédilections se situent entre f/8 et f/11, des ouvertures qui semblent lui convenir car la qualité d’image est au rendez-vous. Les amateurs d’effet étoile devront monter à f/16. A f/22, la diffraction se fait sentir.

Nikon D750 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 16mm – f/10 – 1/100 – ISO200

Bokeh

Avec un ultra-grand angle, ouvrant à « seulement » f/4, il ne faut pas s’attendre à un bokeh crémeux comme sur un télé court ouvrant à f/1.2. Et pourtant, il est possible de détacher assez le sujet du fond, notamment en photographie rapprochée (MAP minimum de 29cm) et surtout à 35mm. J’ai réalisé quelques tests à différentes focales, toutes prises à f/4 sur lesquels vous constaterez que même à 16mm, le fond est déjà flou. Je n’ai pas testé en portrait, à mon humble avis, ce n’est pas fait pour ça sauf si vous aimez l’effet « gros nez petites oreilles ».

 

Nikon D750 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 35mm – f/4 – 1/320 – ISO200

 

Nikon D750 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 24mm – f/4 – 1/400 – ISO200

 

Nikon D750 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 20mm – f/4 – 1/400 – ISO200

 

Nikon D750 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – 16mm – f/4 – 1/400 – ISO200

Mise au point

Rien à redire de ce côté. L’AF-S fait parfaitement son travail avec précision et dans un silence complet. Il ne rate jamais la cible. C’est bien simple, c’est tellement rapide et discret que je m’assure parfois de ne pas avoir oublié d’enclencher l’AF. Encore mieux sur le D750, l’excellent système AF permet de faire la mise au point dans de faibles conditions lumineuses. Pour un amateur de photographies nocturnes comme moi, c’est extrêmement pratique.

Nikon D610 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – f/8 – 16mm – 1/200 – ISO200

Stabilisation

On a coutume de dire que la stabilisation est inutile sur un grand angle. C’est vrai, et d’ailleurs sur trépied, je la désactive systématiquement. Elle se révèle utile en balade ou en en reportage quand je ne prends que le boitier accompagné de mon Sigma 24-105mm et du 16-35mm, je peux alors travailler à main levée sans hésiter à descendre dans les vitesses jusqu’au 1/10 comme dans l’image ci-dessous. La stabilisation fait elle aussi son travail dans un silence complet et sans latence.

Nikon D610 – AF-S Nikkor 16-35mm f/4G – f/11 – 22mm – 1/10 – ISO100

J’ai aimé

  • Poids
  • Encombrement
  • Image piquée au centre
  • Prix, par rapport au 14-24
  • AF silencieux et précis
  • Qualité d’image
  • Range 16-35mm parfait
  • Filtre de 77mm
  • f/4 constant

J’ai moins aimé

  • Piqué en retrait dans les coins
  • Un peu trop de plastique
  • Prix, un peu musclé quand même

Matériel utilisé : Nikon D610 – Nikon D750 – Nikon AF-S Nikkor 16-35mm f/4G ED VR

2 thoughts on “Test – Nikon AF-S Nikkor 16-35mm f/4G ED VR N

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *