Prise en main – Hybride Full Frame Nikon Z6 et Nikkor Z 24-70mm f/4

Prise en main – Hybride Full Frame Nikon Z6 et Nikkor Z 24-70mm f/4

J’étais bien peinard dans ma bagnole, je revenais d’une balade photo matinale quand mon ami Bernard m’appelle et me demande si ça me dit d’aller découvrir le nouveau Nikon Z6 qui était présenté à la boutique Cinebel de Wavre.

Le genre d’invitation qui ne se refuse pas, depuis son annonce j’étais impatient de découvrir comment Nikon a, enfin, abordé le virage vers l’hybride full frame.

En revanche, je me doutais bien que je n’allais pas sortir indemne de ce court test. L’hybride full frame Nikon Z6 (prononcez zêtt siss) serait-il le successeur de mon D750 ?

Je vous propose une brève prise en main réalisée sur un modèle de stock, aimablement prêté par le magasin avec l’optique du kit, le 24-70mm f/4 en monture Z et un Nikon AF-S 70-200mm f/2.8G VRII en monture F via la bague d’adaptation FTZ. Il s’agit d’un test dans lequel je donne mon avis personnel le plus sincèrement possible, je ne suis pas sponsorisé ou rémunéré.

Prise en main – construction

Première constatation, je suis surpris pas la compacité de l’ensemble du boitier équipé de son 24-70mm f/4. C’est plus petit qu’un D750 mais cependant ce n’est pas ridiculement minuscule.

Nikon a eu la bonne idée de conserver l’ergonomie générale de ses DSLR. Pour un habitué de la marque, c’est simple, bien pensé et parfaitement dans la lignée des autres appareils. Bien vu! Le seul gros changement est le passage des boutons habituellement positionnés à gauche (zoom, ISO, etc,… ) vers la droite de l’écran. On peut maintenant tout faire de la main droite tout en gardant un oeil dans le viseur. Ca demande un peu d’habitude mais pour l’utiliser fréquemment sur mes Fuji X, c’est très pratique voir même sécurisant quand, comme moi, vous avez la fâcheuse habitude d’oublier vos lunettes. La correction dioptrique intégrée permet de lire sans problème le menu dans ce fameux viseur électronique.

Le menu de l’appareil est lui aussi identique, dans sa structure, à ce qui existe sur les boitiers reflex. On aime ou on n’aime pas, je n’ai jamais été fan de l’aspect des menus Nikon, mais comme ils ne les changent que très peu, on reste en terrain connu.

La qualité de construction est elle aussi dans la lignée de ce que Nikon offre sur ses boitiers pour utilisateurs « experts ». C’est bien construit, les matériaux sont agréables, les clapets de batterie et d’accès à la carte XQD sont rigides et bien fixés. Le mécanisme de l’écran arrière semble avoir été amélioré et semble plus solide.

Je regrette la disparition du slot pour cartes SD au profit d’un slot XQD. Je n’ai aucun doute au sujet de la qualité des cartes XQD et le mono slot ne me pose pas de problème. Il y a 20 ans je ne stressais pas en ne mettant qu’un seul film à la fois dans mes Contax. Cependant, pour les voyageurs il aurait été rassurant de pouvoir y glisser de bonnes vieilles cartes SD que l’on trouve partout à des prix raisonnables.

Le viseur

La visée peut s’effectuer par l’écran arrière tactile. Le tactile permet de cliquer pour déclencher. Ca fonctionne bien, c’est fluide et ça peut rendre la photographie de rue plus discrète voir furtive.

Le « vrai » viseur et quant à lui assuré par un écran OLED qui affiche 3686 k pixels. Le réglage de la luminosité est automatique ou manuel. Mon exemplaire était réglé en automatique et lors des tests il s’est bien comporté tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ce viseur est clair, précis et rapide et sans à-coup. On n’a pas l’impression de regarder sa photo sur un vieil écran de télévision comme sur les premiers hybrides. J’aime ces viseurs électroniques modernes qui permettent de juger en temps réel du résultat final et de paramétrer les informations affichées. Comparé aux viseurs que je connais en venant de chez Fuji, le viseur est dans le haut du panier.

L’autofocus

Impossible d’être complet dans une simple prise en main. Sur le 24-70mm f/4 c’est rapide, l’AF est précis et silencieux un autre bonne habitude que Nikon a repris de ses reflex. Cependant, sur le Nikon Z6, en mode continu AF-C, je note la disparition du petit point vert qui indique que la mise au point est bonne. C’est le collimateur AF qui joue ce rôle. En AF-S pas de problème, il est rouge tant que la mise au point n’est pas effective et passe au vert quand c’est bon.
En AF-C, le collimateur reste constamment rouge. C’est perturbant, il faut faire confiance au système qui est certainement très efficace, mais ce rouge constant n’est pas rassurant. Un détail qui pourra certainement être résolu par une mise à jour du firmware. Je n’ai pas senti de différence lors des essais avec la bague d’adaptation FTZ. Cependant, il faudra tester sur des sujets plus rapides que les passants engourdis par le froid de cette fin d’automne.

Le progrès le plus significatif est la répartition des 273 collimateurs sur environ 90% de la superficie du viseur. Quel confort et quelle avancée par rapport au D750 et dans une moindre mesure par rapport aux D500 ou D5 (ces deux derniers ne jouant pas dans la même division sur ce critère).

Nikon assure une sensibilité à -4IL pour les optiques f/2. Lors du test dans la pénombre de la boutique, l’AF a fonctionné parfaitement avec le 24-70mm f/2Z mais un peu moins bien avec le 70-200mm f/2.8G.

Qualité d’image

J’ai pu réaliser quelques tests rapides dans la rue. Rien de bien passionnant à photographier mais c’est suffisant pour constater que l’image est proche de ce que j’obtiens avec un D750. Ma version de Lightroom ne supportant pas encore les fichiers NEF issus du capteur full frame 24 Mpix du Nikon Z6, j’ai traité sommairement les photos avec la dernière version de Nikon ViewNX-i : accentuation, niveau, contraste. A 100ISO, c’est normal, la qualité est là, les fichiers sont riches en détails et la dynamique est excellente. Je ne suis pas fan des sensibilités extrêmes, et pour les sujets que je traite généralement, les 3200ISO sont largement suffisants. Mes premiers tests montrent une image parfaitement propre et détaillée au grain maitrisé certainement encore meilleure que celle du D750 et de ses prédécesseurs. En résumé, aucune surprise à ce stade, même si je n’ai pas pu utiliser mes réglages habituels dans Lightroom mais ayant une certaine habitude des fichiers Nikon, on sent que l’image est riche en informations exploitables. Avis totalement subjectif mais, à mon goût, il n’y a pas de mauvaise surprise.Les fichiers permettent de rattraper de gros écarts d’exposition sans perte de qualité perceptible comme le montre la comparaison suivante :  la même image présentée brute et le résultat d’un traitement sans ménagement dans ViewNX-i, les détails sont bien présents et exploitables.

Les essais réalisées avec la bague FTZ ne montrent pas de défauts particuliers. C’est finalement logique, cette bague est nécessaire pour compenser la diminution du tirage para rapport à la chambre d’un reflex et elle ne fait « que » transmettre les informations entre le boitier et l’optique.

Voici quelques exemples de photographies réalisées avec ce Z6 de production.
Les deux dernières photos sont prises à 3200ISO en lumière artificielle. Le capteur Full Frame utilisé avec une optique ouvrant à f/2.8 permet d’obtenir facilement un bokeh doux et crémeux. Aucun doute que les objectifs Nikon ouvrant à 1.4 donneront encore un résultat plaisant.

 

Conclusion

On lit partout que la bataille des hybrides fait rage et que l’avenir des grandes marques dépendra de leur réussite dans ce format de boitier.

Nikon a choisi la voie de la sagesse en prenant son temps et en construisant un boitier reprenant les éléments qui font le succès de ses DSLR : ergonomie, menus, qualité de construction.
La bague FTZ permet de passer en douceur vers cette nouvelle monture Z sans devoir changer intégralement un parc d’optiques chèrement acquis.
Le choix de la compatibilité avec les batteries EN-EL15 actuelles est là aussi un signe d’une recherche d’évolution douce. La stabilisation 5 axes peut même redonner une seconde jeunesse à des optiques fixes non stabilisées.

Le prix relativement élevé de l’ensemble est justifié par une construction qui semble (à voir avec le temps) à la hauteur des boitiers haut de gamme de la marque.

Si je devais acheter un nouveau boitier en cette fin d’année 2018, je prendrais ce Nikon Z6 sans hésiter. Utilisateur convaincu du système Fuji X depuis 2014, le gain en poids et en encombrement des hybrides est un atout réel surtout quand ce n’est plus au détriment de la qualité des images. Ce Nikon Z6 est clairement un maitre achat pour un usage comme le mien : paysages, villes, reportages, photos de rue et… vacances (c’est important les vacances !).

Est-ce que je vais changer mon D750 pour ce Z6 ? Non.

Ce boitier est très tentant de par les nouveautés apportées en termes d’encombrement, de poids, de stabilisation et de répartition des collimateurs AF mais, il ne me parait pas suffisamment révolutionnaire par rapport à un excellent DSLR comme le D750. On sent que Nikon sait qu’il ne peut pas rater son entrée dans le monde de l’hybride Full Frame et a porté ses choix sur des technologies éprouvées sans vouloir faire de l’esbroufe. En revanche, en créant ce bel objet qui fait envie, Nikon montre son ambition de ne plus se laisser distancer par la concurrence. Le jour où mon D750 prendra sa retraite, mes Fuji X hybrides prendront le chemin du magasin d’occasions et c’est clairement vers le Z6 (ou son successeur) que mon choix se portera.

Il reste à savoir quelle sera la politique de mise à jour de Nikon va adopter sur ces boitiers. J’espère qu’ils prendront exemple sur Fuji et proposerons des mises à jour tout au long de la vie du boitier, du moins tout au long de la vie de son processeur.
Une autre inconnue est la feuille de route précise des futures optiques en monture Z. J’imagine que de bons gros f/2.8 vont arriver progressivement accompagnés de quelques grosses optiques ouvrant à f/1.4. Quelle seront la taille et le poids de ces optiques déjà imposantes en monture F quand elle seront transposées sur cette gigantesque monture Z ? Mystère. Nikon va devoir faire un choix crucial s’il veut garder un système relativement peu volumineux.

Pour ma part, je suis rassuré au sujet de ce que je possède déjà. J’aime travailler avec les objectifs de la gamme 1.8G et il sont d’ores et déjà complètement compatibles avec les boitiers Z ce qui limitera l’investissement de départ.

Qui aurait pu prédire il y a 10 ans que les hybrides représenteraient l’avenir de le photographie ? Les amateurs de beau matériel vivent un époque passionnante et riche en en évolutions significatives et j’ai hâte de voir ce que l’avenir nous réserve. En attendant je vais aller faire des photos.

 

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